9 sept. 2009

09 09 09 [klik mi]

* This coming September 9, 2009, is the 252nd day of the year, 252 adds to 9, and 09-09-09 = 27.
* 09-09-09 is also the last of the single-digits dates for quite a while - 92 years to be precise.
* It is also the upside-down number of "the beast" - satan = 666, of course.
* The day itself falls on a Wednesday and both Wednesday & September have 9 letters.

sans titre


je cherche des choses
à l'improviste
je fouille des placards
qui ne m'appartiennent pas
je dérobe, sans le savoir, je continue
la vie est un collage
sans point(s)




Alarm Will Sound - Blue Calx

La vie est un découpage

-Extrait-

Devant le spectacle de cette mobilité universelle, quelques uns d'entre nous seront pris de vertige. Ils sont habitués à la terre ferme; ils ne peuvent se faire au roulis et au tangage. Il leur faut des points "fixes" auxquels attacher la pensée et l'existence. Ils estiment que si tout passe, rien n'existe; et que si la réalité est mobilité, elle n'est déjà plus au moment ou on la pense, elle échappe à la pensée. Le monde matériel, disent-ils, va se dissoudre, et l'esprit se noyer dans le flux torrentueux des choses. -Qu'ils se rassurent ! Le changement, s'ils consentent à le regarder directement, sans voile interposé, leur apparaitra bien vite comme ce qu'il peut y avoir au monde de plus substantiel et de plus durable. Sa solidité est infiniment supérieure à celle d'une fixité qui n'est qu'un arrangement éphémère entre des mobilités.
Henri Bergson

L'amour est étincelant comme le vent sur la neige.


L'amour est étincelant comme le vent sur la neige. L'amour est tendre comme la nuit étoilée. Son pas est plus doux que le silence. Sa parole est plus tranchante que l'éclair. Comme un voleur dans la nuit profonde, il entre dans nos vies, puis il attend. Il attend que l'on vienne où il est, il attend que nous venions en nous. Il reste là, dans les grandes prairies du sang, comme un oiseau cendré dans les longs roseaux verts. Il s'envole avec ce bruit que fait l'encre sur la page, comme le battement d'un cœur pur dans l'obscur de la chair. Si j'aime tant vous écrire, c'est pour entendre sa rumeur en moi, dans le drapé d'une phrase, dans le pli d'un silence. J'ai beau regarder ma vie en tous sens, je n'y vois rien d'autre à préserver que cette perte. Aimer quelqu'un, c'est le dépouiller de son âme, et c'est lui apprendre ainsi - dans ce rapt - combien son âme est grande, inépuisable et claire. Nous souffrons tous de cela : de n'être pas assez volés. Nous souffrons des forces qui sont en nous et que personne ne sait piller, pour nous les faire découvrir. Je suis ivre de cet amour qui me porte vers vous, comme vers celle qui recueille toutes les fleurs de mon nom. Je suis ivre de cet amour qui me ramène au bercail de l'enfance. L'amour est simple comme le jour, et il m'est aussi difficile de le louer qu'à l'herbe verte de chanter l'air qui la brûle, l'abandon qui la berce, et le ciel qui l'emporte. On dit : "Aimez-moi", mais ce n'est pas une demande, à peine une chanson. C'est le bruit du vent sur les herbes, dans le cloître des lumières : elle s'y abîme, elle s'en nourrit. Elle échange sa substance - qui n'est rien - contre une autre - qui est tout. L'amour est pur, comme un ciel dont on dit qu'il est clair, quand il n'arrête plus rien. Il est frais, comme cette lumière de l'aube qui vient de nulle part. Il est vif comme cette clarté du jour qui rapproche les lointains. L'amour est comme un peintre qui oublierait - chaque matin, dans son atelier - la vieille histoire du monde, pour saisir une fleur éternelle dans le tremblé de l'air.

Bestiaire







7 sept. 2009

Aujourd'hui je t'aime

1 sept. 2009

Incident

31 août 2009

MahjongG

En 1984, Garrel écrit un court texte intitulé « Jean Seberg » que l’on reproduit ici dans son intégralité : [klik me]

J’étais un artiste. Je n’avais pas trente ans. Je vivais seul la plupart du temps, dans une chambre en désordre. Mes films ne marchaient pas. J’écrivais des scénarios pour des films que je faisais avec rien. Je rencontrai Jean, une actrice de cinéma qui ne tournait plus de films. Elle se donna la mort. Une femme ayant le visage de Jean m’apparut dans un rêve. (La salle était vide, la porte était ouverte. Dans l’embrasure de la porte on pouvait voir le mur d’une église. Le visage du fantôme était livide. Le fantôme dit « Je dois partir maintenant. Je vais là, derrière cette église. Tu pourras toujours m’y trouver. ») Comme dans Spirite de Théophile Gautier la suicidée apparaît au jeune homme dans le miroir et l’entraîne dans la mort. Jean m’appelait dans l’autre monde…Mais voici comment se déroula cette histoire dans la vie réelle.

J’étais dans ma chambre ce jour-là, fumant du haschich avec toute la précision que donne l’habitude. Le soleil d’hiver descendait derrière les rideaux. Je m’endormis tout habillé. Je me réveillai et pleurai, sur mon oreiller au milieu de la nuit. (« Je suis fatigué…fatigué…pensais-je, de ma vie de solitaire. ») Mais l’émotion d’avoir déjà aimé et la beauté de ma vie, que je croyais unique, me firent monter d’autres larmes aux yeux et je finis par me rendormir. À midi, je descendis dans la rue. Je croisais Elisabeth une amie, qui m’entraîna chez un couple avec qui elle devait déjeuner. J’avais acheté un lys sur la route pour l’offrir à cette actrice inconnue de moi chez qui on m’amenait à l’improviste. Je devais la revoir.

J’eus avec elle des rendez-vous dans ma chambre, chez elle ou dans un café. Je regardais par la fenêtre la neige qui tombait sur la cour. Je fis un film avec Jean. Je filmais son visage. Parfois Jean pleurait. Je me tenais derrière la caméra. Jean était une comédienne de l’Actor’s Studio et elle improvisait des psychodrames. Je filmais seulement son visage, gardant ainsi secrètes les conditions du tournage. Quand j’eus fini ce portrait, je soumis un premier montage de son film à Jean qui trouva le film très bien. Jean avait tourné beaucoup de films, mais elle prenait plaisir à un film qui lui était entièrement consacré. Au reste dans ce film on pouvait voir son âme, qui était très belle.

Jean écrivit un scénario : « Et maintenant je peux parler d’Aurélia… » Elle écrivit aussi des poèmes qui furent publiés. Elle s’identifiait tour à tour à l’Aurélia de Nerval, qu’elle voulait jouer de façon moderne, et à Jeanne d’Arc, parce qu’elle avait interprété la Jeanne d’Arc des Américains. Jean eut une dépression nerveuse. Elle fut hospitalisée. Les électrochocs qu’on fit subir à Jean eurent un rebondissement tragique. Je revenais à pied des laboratoires de cinéma qui se trouvent en banlieue. Je marchais le long du fleuve. C’était la fin de l’été. Des pêcheurs se profilaient sur le soleil couchant. Je traversais le marché aux puces par la porte de Clignancourt, un nouveau film était fini, et je respirais le bonheur d’en être délivré. Quand soudain au hasard d’un trottoir, je tombai sur la photo de Jean en première page du journal du soir. « Jean Seberg s’est suicidée »

[klik me bis]
http://www.youtube.com/watch?v=jUZyMEw1oao

30 août 2009

Alleeeeeez !

9 juil. 2009

5 juin 2009

C cédille


4 juin 2009

La boîte est vide à présent [klik me]

Marcelline Crane se régalait.
La boîte en carton dans la partie haute du réfrigérateur.
Elle allait chaque fois ouvrir la porte, la première, puis la deuxième. Sortir la boîte, la déposer sur le plan de travail. L'ouvrir. Prendre la cuillère.
En découper rondement une boule, la faire glisser d'un coup sec dans son bol bleu canard en faïence, le jaune couleur de miel englobé, ploum.
Sucer le nectar. Bout à bout. Gentiment, avec un faux-semblant de précipitation. Une pointe de compulsion. Un soupçon d'oubli de soi.
Et recommencer.
Marcelline Crane dégustait un sorbet à la mangue et l'arrivée de l'été.

2 juin 2009

In Situ