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8 déc. 2009

Seele-Bewegung

"Il n'y a jamais le sensible et l'intelligible. Il y a un certain tramage de ce qui est donné: une intelligence du sensible et une sensibilité de la pensée. Il n'y a jamais une transparence de la connaissance intelligible des données sensibles ni un choc de la vérité sensible comme rencontre avec l'Idée ou le Réel."
Jacques Rancière


"Et c'est ainsi qu'un poète pose le problème phénoménologique de l'âme en toute clarté. Pierre-Jean Jouve (in En Miroir) écrit : "La poésie est une âme inaugurant une forme." L'âme inaugure. Elle est ici puissance première. Elle est dignité humaine. Même si la "forme" était connue, perçue, taillée dans les "lieux communs", elle était avant la lumière poétique intérieure un simple objet pour l'esprit. Mais l'âme vient inaugurer la forme, l'habiter, s'y complaire. La phrase de Pierre-Jean Jouve peut donc être prise comme une claire maxime d'une phénoménologie de l'âme."
Gaston Bachelard

25 nov. 2009

Interview du réalisateur Stéphane Breton par Stéphane Breton

lui : Vous avez passé plusieurs années en Nouvelle-Guinée, dans la partie ouest de l’île qu’on appelle l’Irian Jaya, et qui est malheureusement devenue, depuis son invasion il y a une quarantaine d’années, une province indonésienne.
moi : Oui.
lui : Vous êtes parti là-bas pour faire votre métier d’ethnologue, et vous êtes revenu avec un film qui raconte vos relations avec les gens de la vallée de montagne où vous avez vécu.
moi : Oui.
lui : Ces gens ne s’attendaient pas à votre arrivée, ils ne vous connaissaient pas. Ils ont été surpris de vous voir ? Comment vous ont-ils accueilli ? Pourriez-vous nous en dire plus ?
moi : Oui.
lui : Tout à l’heure, devant la machine à café, vous m’avez dit qu’ils ont d’abord refusé que vous vous installiez chez eux. Vous avez dû les soudoyer pour qu’ils acceptent que vous montiez votre tente, et puis que vous construisiez votre maison,mais à l’écart du village, car vous faisiez peur aux femmes.
moi : Oui.
lui : Qu’est-ce que vous leur avez donné pour les amollir ? Des haches, je crois, non ?
moi : Oui.
lui : Ce face-à-face a duré plusieurs mois ? Il vous a fallu du temps pour faire partie du paysage, pour qu’on accepte de vous traiter comme un individu normal ?
moi : Oui.
lui : Le travail de l’ethnologue, ça consiste en quoi ? Vous vous installez quelque part, vous essayez d’avoir de bons rapports avec les gens, puis vous leur posez des questions, vous observez ce qui se passe ? Mais pour ça, il faut qu’on vous mette dans la confidence, qu’on n’aie pas envie de vous cacher quoi que ce soit ?
moi : Oui.
lui : Obtenir leur confiance,c’est donc la chose la plus importante ?
moi : Oui.
lui : Et puis vous ne connaissiez pas non plus leur langue, qui je crois n’est parlée que par trois ou quatre mille personnes. Comment l’avez-vous apprise ? Cela a-t-il été difficile ?
moi : Oui.
lui : Vous m’avez raconté dans le couloir que vous l’aviez apprise avec les enfants, car les adultes s’ennuyaient terriblement à vous voir baragouiner comme ça, et qu’il n’y avait ni dictionnaire ni interprète, puisqu’ils ne connaissent que leur propre langue.
moi : Oui.
lui : Vous avez donc attrappé cette langue au vol, comme un enfant. Vous avez d’abord appris à dire bonjour et merci, qui sont un seul et même mot, et puis de fil en aiguille, le reste est venu.
moi : Oui.
lui : Oui.
moi : Oui.
lui : Dans votre film, on voit des gens d’une grande pauvreté, mais on ne voit pas de misère, des gens qui vivent une vie simplifiée à l’extrême, mais qui semblent content de leur sort, et surtout, bien qu’il n’y ait pas grand chose que l’on puisse posséder, qui font preuve d’une extraordinaire cupidité.
moi : Oui.
lui : Ils ont une monnaie de coquillage, qui aussi est leur sujet de conversation principal. Ils ont une économie monétaire très sophistiquée, mais il n’y a rien à acheter dans les rayons des magasins, car il n’y a pas de magasins. Il n’y a guère quela forêt où l’on puisse se servir.
moi : Oui.
lui : Ils utilisent donc ces coquillages pour payer les fiancées et les cochons. Pour se marier il faut payer, on ne peut pas y couper ?
moi : Oui.
lui : Mais vous, là-dedans ?
moi : Oui ?
lui : Vous vouliez aider votre fils adoptif à acheter sa fiancée ? C’est lui qui vous avait appris cette langue ? Vous vous êtes efforcé de partager leurs
dettes et leurs crédits, c’était votre façon d’entrer dans leur intimité ?
moi : Oui.
lui : Votre film, pour l’essentiel, montre vos relations monétaires avec ces gens, vos négociations, vos échanges de monnaies de coquillage. Vous leur vendez de l’huile, des sabres d’abattis. Vous êtes devenu épicier pour gagner leur confiance ?
moi : Oui.
lui : On voit que vous l’êtes devenu malgré vous, que vous aviez horreur de ça, mais que vous vous êtes aperçu que vous n’aviez pas le choix, que c’était le seul moyen d’établir un contact : par le biais de l’intérêt, de la curiosité, de la richesse, de l’échange.
moi : Oui.
lui : Votre film raconte comment vous avez fabriqué la colle qui vous a permis de vivre en paix avec eux.
moi : Oui.
lui : Toute cette petite cuisine, les ethnologues n’en parlent jamais. Ils veulent nous faire croire qu’on les a appréciés pour leurs qualités personnelles, qu’ils n’ont pas eu de mal à s’intégrer dans leur village, et que tout le monde y était fort gentil. C’est ça, non ?
moi : Oui.
lui : Il y a une chose que je ne comprends pas bien : dans le film, il est dit que telle monnaie de coquillage peut payer la mâchoire d’une fiancée, telle autre son cœur. On paye la jeune fille par morceaux ? C’est ça ? Ce n’est pas très clair dans mon esprit.
moi : Non.
lui : Je regrette un peu que dans le film vous ne donniez pas plus d’explications au spectateur. Vous n’avez pas peur de le perdre ? Il ne comprend rien, il se lève et s’en va fumer une cigarette.
moi : Oui.lui : Mes questions vous ennuient ?
moi : Oui.
lui : Pourquoi ?
moi : Parce que ce film se passe en Nouvelle-Guinée, c'est-à-dire nulle part ; nulle part, c’est-à-dire n’importe où.
lui : Oui ?
moi : Je me suis donné du mal pour effacer l’exotisme,pour ne pas montrer le décor pour faire oublier que ces gens vivent nus dans un coin perdu, et qu’il paraît impossible de les comprendre.
lui : Oui.
moi : Lorsque je suis arrivé là-bas, je ne savais rien d’eux. Pourquoi ne voulez-vous pas vous mettre dans la même situation ? Est-ce qu’il faut vraiment faire comme à la télé,où on crache le morceau tout de suite ?
lui : Oui.
moi : Ces gens-là sont vos voisins de palier. Ne vous fiez pas à leur costume sombre. Ils s’appelent Robert ou Marcel, Jeanne ou Marie. Vous entendez parfaitement ce qu’ils vous disent, il suffit de bien les regarder. Ils ont des yeux et une bouche, comme vous. Vous avez avec eux des relations normales : ils trouvent que vous posez trop de questions, et ils n’aiment pas que vous oubliiez votre poubelle devant votre porte, c’est tout. Pour le reste, ils ne vous ont pas sifflé. Ça vous dit quelque chose ?
lui : Oui.
moi : Ce sont des paysans. Le reste n’a pas d’importance. La télé veut vous faire croire qu’il existe des sauvages, des gens qui se mettent des plumes sur la tête pour des raisons incompréhensibles, mais moi, je n’ai jamais vu de sauvages. Les sauvages, ça n’existe pas. Ces gens-là fument du tabac vert, voilà tout, ce n’est pas plus compliqué que ça.
lui : Oui.
moi : Donc vous emménagez à Bourg-la-Reine, et vous avez du mal à vous entendre avec vos nouveaux voisins.
lui : Oui.
moi : Voilà.
lui : Oui.
moi : Ils ne vous saluent pas quand vous les croisez dans l’ escalier.
lui : Oui.
moi : Leurs mômes sont toujours en train de vous piquer des cigare t t e s .
lui : C’est vrai.
moi : Ils font la gueule, vous faites la gueule.
lui : Oui.
moi : Un beau jour, vous vous apercevez que la nature même de ces relations défaillantes est un drôle d’objet à regarder, un objet qu’on ne regarde jamais, car on préfère les choses propres et nettes, les choses qui marchent.
lui : Oui.moi : Alors vous décidez de prendre une petite caméra et de filmer ces relations conflictuelles. Vous vous mettez à regardez les choses qui vous déplaisent, les choses que vous évitiez de voir, comme la manière dont vous donnez deux billets de cent plus une pièce de dix, ou bien l’étincelle d’intérêt dans l’œil d’un ami, ou bien des pieds dans la boue, ou bien rien.
lui : Oui.
moi : Vous regardez ce qui vous faisait honte : votre façon de donner trop ou pas assez, votre manière d’acheter la paix sociale avec de l’argent, votre
attitude parfois paternaliste , votre compréhension à contre - temps de la règle du jeu et de la valeur des choses.
lui : Oui.
moi : Vous vous apercevez que ce que vous filmez, ce sont des gens normaux. Et vous, vous entrez dans votre propre film. Vous ne gagnez pas au change.
lui : Non.
moi : Vous tournez ce film en caméra subjective. La caméra, c’est votre œil : quand ils vous regardent, ils regardent droit dans la caméra, et quand vous
montrez ce film, les spectateurs ont l’impression qu’on leur parle et qu’on les regarde.
lui : Oui.
moi : Vous n’avez pas envie de montrer ces gens comme s’ils étaient des poissons rouges dans un bocal, non ?
lui : Oui.
moi : Eh bien voilà.
lui : Oui.
moi : La caméra n’obéit plus à un point de vue objectif, celui du reportage télévisé par exemple, qui veut vous faire croire qu’il suffit de montrer les choses comme si on était le bon Dieu, comme si on était un observateur transparent, attaché au ciel par un fil, et qui aurait le droit de regarder simplement parce qu’il travaille pour la télé. Au contraire, dans ce film, que vous tournez avec stupéfaction, vous faites partie du spectacle, bien qu’on ne vous voie pas, sinon votre main, à l’occasion, quand vous donnez un biffeton. Ce n’estpas un film sur eux, mais sur eux et vous.
lui : Oui.

moi : Dès ce moment, comme par miracle, vous ne les emmerdez plus. Vous les acceptez enfin comme ils sont. Ils se mettent à apprécier que vous les filmiez, car pour la première fois vous ne posez plus de questions. Vos relations avec eux changent du tout au tout. Vous prenez les choses comme elles viennent, vous n’espérez plus de relations d’amitié idéale, désintéressée,authentique. Vous n’êtes donc plus déçu. Et eux, ils s’amusent beaucoup à vous voir faire. Ils deviennent drôles, ces rusés marchands de bestiaux. Ils vous font rire maintenant.
lui : Oui.
moi : Vous en apprenez autant sur vous-même que sur eux. Vous les voyez vous regardant. Et vous pouvez les filmer non pas parce qu’ils ont oublié la caméra, car ils ne l’ont pas du tout oubliée — est-ce que vous les prenez pour des imbéciles ? —, mais parce que vous avez gagné le droit de les regarder après toutes ces années passées à être l’objet de leur curiosité. C’est donnant donnant.
lui : Oui.
moi : Ce n’est donc pas un film de voyageur, ce n’est pas un film exotique, ce n’est pasun film sur les sauvages, ce n’est pas un joli film, ce n’est pas un film dépaysant, ce n’est pas un film en costumes : c’est un film moral.
lui : Oui.
moi : C’est-à-dire une comédie.
lui : Oui.
moi : C’est pour cela que les questions qu’on vous pose sur le décor, sur les anecdotes de votre aventure — et qui ? et où ? et quoi ? —, ça ne vous intéresse pas. Aucun intérêt. Tout ce qui est dit au lieu d’être montré est perdu.
lui : Oui.
moi : On va encore dire que vous êtes de mauvaise humeur, que vous avez passé trop de temps là-bas.
lui : Oui.
moi : On est bien d’accord, dans votre film, pas de Nouvelle-Guinée qui tienne ?
lui : Non.
moi : Si vous aviez eu du courage, vous l’auriez tourné chez vous, n’est-ce pas ?
lui : Oui.
moi : Alors vous dirigez la caméra vers moi, comme ça, et vous appuyez sur ce bouton, là.
lui : Oui.
moi : Allez - y, parlez.
lui : Oui.
moi : C’est votre film, n’hésitez pas.
lui : Oui.
moi : Allez-y.
lui : Mais qu’est-ce que je dois dire ?
moi : Vous avez une cigarette ?
lui : Oui.

propos recueillis par Stéphane Breton

Edité le : 23-06-04

29 oct. 2009

Question de terminologie [klik me]

Herméneutique

L'herméneutique philosophique contemporaine se conçoit comme une théorie de l'interpétation, et de la réception de l'œuvre (littéraire ou artistique). Elle questionne la textualité en elle-même, et son rapport à l'auteur (processus d'explicitation) et au lecteur (processus de compréhension).

L'herméneutique philosophique cherche à analyser ce qui se manifeste, ce qui se présente de soi dans l'œuvre d'art (perspective phénoménologique). Elle pose donc de manière originale le problème de la représentation et de la phénoménalisation, s'inspirant en cela des travaux novateurs de Husserl (lequel avait livré une théorie très élaborée de l'imagination, notamment dans les Ideen I, à défaut d'esthétique à proprement parler).

Le langage de l'art représente pour les herméneutes le lieu où la vérité de l'Être se déploie, au-delà de la description scientifique des étants particuliers. L'herméneutique se fonde ainsi sur une nouvelle interrogation du verbe « être », à la fois grammaticale, ontologique et esthétique, à partir des importants travaux de Martin Heidegger dans Etre et Temps (et dans ses œuvres ultérieures, dont la tentation hermétiste sera critiquée.

L'herméneutique philosophique utilise comme paradigme majeur la poésie, notamment la poésie romantique, symboliste, surréaliste ou d'influence hermétiste. Les philosophes herméneutes analysent les textes et l'esprit de Höderlin, Mallarmé, Valéry, Rilke, Artaud ou encore Ponge.

Le deuxième grand paradigme de l'herméneutique est le roman, notamment les œuvres subversives qui remettent en cause les normes traditionnelles d'écriture. Ainsi, on croisera sous la plume des grands herméneutes Rabelais, le Marquis de Sade, Joyce, Kafka, Bataille, ou encore d'autres grands écrivains comme Goethe ou Borges.

> Heidegger

Martin Heidegger étend la conception de Dilthey et conçoit à un certain moment l'herméneutique comme la tâche même de la philosophie si l'existence - objet de la philosophie - demande à être interprétée et si elle n'est autre qu'un processus d'interprétation, une compréhension de soi. L'herméneutique est en ce sens un dépassement de la phénoménologie car elle s'applique à ce qui ne se montre pas, à détruire plutôt un rapport de conscience qui dissimule un rapport authentique à l'être. L'herméneutique constitue ainsi l'ontologie.

> Gadamer

L'élève de Heidegger, Hans-Georg Gadamer publia en 1960 l'ouvrage qui passe encore pour son livre le plus important : Vérité et Méthode. Cette œuvre affirme, en contestation de la fausse objectivité souvent présente dans les sciences humaines, que « la méthode ne suffit pas ». Une œuvre ne peut être expliquée que selon notre propre horizon d'attente. La lecture est faite dans la tension existant entre le texte du passé et l'horizon d'attente actuel.

De plus, Gadamer affirme que « tout texte est réponse à une question. » Si le texte parle encore aux lecteurs présents, c'est qu'il répond encore à une question. Le travail de l'historien est de trouver à quelle question le texte répondait dans le passé et à laquelle il répond aujourd'hui.

> Ricoeur

Paul Ricoeur entreprend une herméneutique du soi, herméneutique dans la mesure où le moi ne se connaît pas par simple introspection, mais par un ensemble de symboles. Il s'agit de déchiffrer le sens caché dans le sens apparent.

> Jauss

Hans Robert Jauss, appartenant à l'Ecole de Constance, dans Pour une esthétique de la réception (1972), reprenant les enseignements de Gadamer, affinera la théorie herméneutique. Il proposera l'usage d'une « triade » herméneutique pour l'étude des œuvres.

La triade herméneutique de Jauss :

  1. L'interprétation du texte où il faut réfléchir, rétrospectivement et trouver les significations.
  2. La 'reconstruction historique, où l'on cherche à comprendre l'altérité portée par le texte.
  3. La 'compréhension immédiate du texte, de sa valeur esthétique et de l'effet que sa lecture produit sur soi-même.

L'herméneute qui utilise ce modèle s'implique donc énormément dans l'étude et tente de comprendre la valeur novatrice de l'œuvre.

> Foucault

En 1982, Michel Foucault intitule son cours au Collège de France : « herméneutique du sujet ». Il est question en réalité d’une « herméneutique de soi » au sens d’une forme de connaissance de soi. La notion fondamentale est la pensée grecque de l'epimeleia heautou (le souci de soi). Cette question est en même temps esthétique : une « esthétique de l’existence » entendue comme une éthique, soit la production de normes qui ne soient pas cryptées, mais que le sujet fonde ou découvre, et par lesquelles il se découvre également.

forme manuscrite extraite des notes de la main de Michel Foucault base de son énonciation au Collège de France

8 oct. 2009

Le Soap de Marcy : mise au point

Marcelline Crane se pose toujours pour contrainte de ne pas donner les codes nécessaires au décryptage de ses billets.
Évitant au maximum les adresses publiques, elle construit un univers de sens définitivement équivoque où les intentions sont multiples : clairement dirigées parfois, souvent à la ronde.
L'interactivité quantifiable qui peut en découler est donc assez limitée : Marcelline ne répond que très peu aux quelques commentaires, n'invite guère au débat, pose ouvertement peu de questions, dévoile peu d'elle-même -moins toutefois que ce qu'elle serait souvent tentée de faire.
Elle empile, compile, collectionne des trouvailles et les rapporte sur le présent support, à la manière d'un carnet d'idées, en somme.
Distraitement, Marcelline sème des indices, laisse traîner des signes, adresse des clins d'œil, engrange une plus-value symbolique, joue du subliminal.
Et vous, vous vous faîtes ou non votre propre histoire. Vous.
Toi.
Finalement, Marcelline est pompeuse, dans l'indicible, je vous l'accorde.
Mais elle a pour elle la grande qualité de n'exister qu'à travers un soap-opéra qui n'existe pas lui-même. Existentialistement parlant, elle en devient irréprochable.
Entre ces phrases-mots-syllabes-lettres se sont glissées les images de C., C. pour qui il est grand temps de quitter l'initiale et de devenir Le Petit Chevalier, ce qui lui sied bien davantage.
Suite à une photographie faîte par un double de Marcelline Crane et accrochée ici il y a peu -Partir, indéfiniment partir, Le Petit Chevalier a découpé-ficelé d'autres images qui décomposent et recomposent la première.
Agradeço muito Le Petit Chevalier.
Si le Soap Opéra de Marcelline n'existe pas, c'est que vous pouvez aussi bien ignorer, prendre factuellement les données et n'en rien faire. Ce qui ne vexera pas Marcelline, qui, au-delà de ne pas le savoir, pense sincèrement que cet espace à occuper, il est pour elle, avant tout ou avant le reste.
Toutefois, l'interface se veut, par définition, ouverte à l'échange : il ne s'agit pas d'une cour privée ni d'un miroir, d'un carré et de ses quatre angles droits en dedans vu du ciel.
Un échange qui n'a cependant pas besoin d'être formulé pour s'accomplir, un cheminement asynchrone, un fil entrecoupé, des pensées sporadiques, des images fugaces, un point de fuite vers l'imaginaire -point.

4 oct. 2009

Je modélise, tu modélises, il modélise ...

Un « modèle » est la représentation mentale d’un être du monde réel et de son fonctionnement : quand on dispose d’un modèle, on peut simuler mentalement le comportement de cet être.

La modélisation, ce n’est donc rien d’autre que la pensée organisée en vue d’une finalité pratique. Modèle est synonyme de théorie, mais avec une connotation pratique : un modèle, c’est une théorie orientée vers l’action qu’elle doit servir.

Dans la vie courante, nous modélisons tous et tout le temps : à chacun des êtres qui nous entourent, qu’il s’agisse d’objets matériels, de personnes ou d’institutions, nous associons une image mentale qui nous permet d’anticiper son comportement. Nous faisons des simulations pour évaluer les conséquences de nos décisions et choisir parmi les décisions possibles, en tenant compte des incertitudes. Lorsque nos modèles nous semblent faux ou trop grossiers, nous les modifions.

Explicitons. Modéliser un être c’est définir :
- les concepts qui permettent de le décrire ;
- les relations fonctionnelles qu’entretiennent ces concepts.

Cette démarche, intuitive et rapide dans la vie personnelle, n’est explicitée que lorsque l’on réalise un travail professionnel ou scientifique. Alors le vocabulaire devient technique, «abstrait» et éloigné du langage courant. Cette technicité rend la modélisation (sous sa forme explicite) difficile à comprendre pour certaines personnes.

[source : volle.com]